Raymond Ventura (fils d’Abraham Albert Ventura et de Sarah Alice Landauer) naît le 16 avril 1908 au 8 bis rue de Châteaudun dans le 9e arrondissement.
Encore lycéen, Raymond Ventura commence par monter un orchestre de jazz avec des camarades du lycée Janson-de-Sailly.
Influencé par différents orchestres, il fonde un des premiers orchestres à sketches de France, « Ray Ventura et ses Collégiens » avec quelques-uns de ses amis. Il réunit ainsi dans sa formation : Paul Misraki (pianiste, compositeur, arrangeur), Loulou Gasté (guitariste, banjo, compositeur), Grégoire Aslan, chanteur et percussionniste (Coco Aslan), ainsi que Philippe Brun, Alix Combelle et Guy Paquinet.

Chansons à sketches avec ses Collégiens

Entrain et bonne humeur des plus communicatifs, seront toujours au programme. Ils enregistrent leur premier disque cette année 1929, et enchaînent concerts dans les salles parisiennes en 1931-32 et bientôt des tournées à travers toute la France,
Il ouvre son propre cabaret sur les Champs-Élysées en 1936, alors que sa chanson écrite par Misraki « Tout va très bien Madame la marquise » est un de ses plus gros succès.
Rejoignent la formation : Raymond Legrand (orchestrations), André Cauzard (trombone et arrangements), Guy Dejardin (orchestrations à partir de 1939) et André Hornez, parolier. La plupart des chansons seront signées Hornez et Miraski.
Beaucoup d’orchestres s’inspireront de Ray Ventura avec des musiciens-comédiens : Fred Adison et Jo Bouillon avant la Seconde Guerre mondiale, Raymond Legrand sous l’Occupation, Jacques Hélian à la Libération, ou encore Bernard Hilda, la plupart de ces chefs avaient d’ailleurs eu l’occasion de travailler avec lui.

Tournée en Amérique du Sud

À la déclaration de guerre, en septembre 1939, il est incorporé au train des équipages, dans l’Est de la France.
Après la défaite en juin 1940, il se réfugie en zone non occupée.
D’ascendance juive, il craint d’être persécuté. Avec une partie des membres de son orchestre, il quitte la France en novembre 1941 avec entre autres Henri Salvador, Grégoire Aslan, Paul Misraki, Louis Vola, et part en tournée en Amérique du Sud.

Nouvelle formation et films

Ray Ventura revient à la Libération et crée alors une nouvelle formation (1945-1949) qui remporte de nouveaux succès (Maria de Bahia, 1947 ; À la mi-août, 1949), où débutent alors son neveu Sacha Distel et le jeune Henri Salvador.
Plusieurs films à succès (Mademoiselle s’amuse ; Nous irons à Paris ; Nous irons à Monte-Carlo), produits par lui- même, lui donneront une énorme popularité dans toutes les régions de France.
En 1953, il épouse Jacqueline Lemoine de qui il a deux filles, Carole et Anne.
Les années 50 sont caractérisées par son activité de producteur de films, en particulier de Et Dieu… créa la femme en compagnie de Raoul Lévy et de beaucoup d’autres au travers de Hoche Productions.
Au cours des années 1960, la mode des orchestres à sketches passe, l’orchestre coûte cher. Ray Ventura quitte la scène pour se consacrer à l’édition musicale. Il contribuera ainsi à lancer Georges Brassens, alors que la plupart de ses « Collégiens » tentent l’aventure d’une carrière soliste.

Vedettes issues de l’orchestre

Henri Salvador, Henri Génès, Jacques Hélian (dès la Libération), Philippe Lemaire, Sacha Distel. 
Dix ans plus tard, d’autres groupes se forment avec ses jazzmen : le Big Band de l’Olympia (engagé par Quincy Jones pour accompagner Frank Sinatra), Eddy de Latte et Aimé Barelli.

Son héritage

Retiré à Palma de Majorque, Raymond Ventura s’y éteint en 1979, au moment où, avec la mode rétro des années 1970, Le grand orchestre du Splendid redonne en 1977 une seconde jeunesse au style et aux grands succès d’avant-guerre de Ray Ventura (Qu’est-ce qu’on attend pour être heureux ?).
Son neveu Sacha Distel enregistre vers 1993 un nouveau disque reprenant les principaux succès de son oncle, avec la participation d’Henri Salvador, Paul Misraki, Stéphane Grapelli et de nombreuses vedettes.

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